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Quand j’étais mioche, j’étais petite (certes), très très timide, les gens m’appelaient fiston, je jouais au foot avec les garçons, auprès de qui j’ai développé des dispositions pour le cross-badinage. J’étais alors une dragueuse en herbe, je chialais à tout bout de champ pour un rien, j’étais hyper-méga-extra sensible, j’étais insouciante mais consciente, inculte et ridicule ; j’étais docile, une révoltée interne et intime, méfiante, absorbée, hétérosexuelle et créative. Je pleurais donc, je voulais grandir mais peu vieillir, j’avais peur de la mort et des araignées et n’aimais pas les infos, tandis que la nuit m’interpellait … Mon dos courbé a esquivé 100 fois le manche à balai, j’avais bon appétit, ma chambre était toujours impeccable. J’ai maquillé l’azur et blackboulé le père-noël. Je ne voulais pas me marier, et surtout pas générer de mini-moi. Je présumais qu’à force de me le répéter les poules auraient des dents mais je n’avais encore croiser ni Moïse ni la vierge ! Je croyais avoir peur du ridicule, et que les chats miaulaient différemment à l’étranger. Laconique, j’ai couvert une mise en quarantaine. Agnostique involontaire, pétocharde et très nerveuse, je forçais sur l’égoïsme et quittais volontiers le navire. J’exécutais mes devoirs mais n’avais pas continuellement de bons résultats. Je ne rougissais pas encore, j’étais invalide en histoire-géo mais chérissais le français qui ne me l’a pas toujours bien rendu, je n’entendais pas les cours de biologie et piaffais face aux fleuves et leurs affluents, je brillais en sport et m’attardais en cours de dessin ou de musique, je pleurais encore, je ne convoitais pas toujours les récrés, parfois je les censurais, je simulais des fables qui s’égaraient, je collaborais à certaines que je n’aurais su imaginer. J’avais une belle écriture. J’avais deux parents et un grand frère, une petite chatte noire aussi sauvage et contenue que moi, je ne savais pas si j’étais heureuse, mais je savais flairer la tristesse, j’étais gauche, je ne comprenais pas toujours tout (pas souvent à vrai-dire), je ne posais plus jamais de questions, je me jugeais stupide et incapable, j’avais des tas de potes, des tas de chéris, des tonnes de pulsations, un peu de civilité, j’expérimentais les mensonges, je pleurais, je grimpais aux arbres, je riais, je pleurais, je souriais, je boudais, je me taisais, j’écoutais, et je retenais, je retenais mes larmes, j’essayais, je m’essayais à la poésie, j’étais nulle, patiente, douée, je chialais et ce dont j’étais le plus sure est que je ne savais rien….
Aujourd’hui…… petite révision ! Je ne suis plus QUE timide et ne chiale plus pour un rien, mais pour un tout… C’est-à-dire que je fais d’une pierre 100 coups ! Je ris. Je me suis rendue compte que je ne savais pas draguer mais je tâtonne, non sans ivresse, à Sylphide’s Street. Je suis conjointement dure comme le cuir et dure en affaire, et me suis découvert un penchant pour l’histoire, et la géographie étrangère ! Je me suis réconciliée avec l’actualité, et avide de faits divers, je bouffe toujours autant par ailleurs. Et je ris. Toujours et encore plus révoltée et pas seulement de l’intérieur, je ne sais plus obéir ni ranger ma chambre. Je m’évalue capable de devenir… Mes angoisses ont enfanté d’années en épisodes au point que je ne m’attarde plus à les baptiser. Athée officialisée, mes récrées se sont transformées en pauses déjeuner, en weekends arrosés, en réunions informelles et anesthésiantes, je les attends, je les supplie, je les décompte… avec le sourire. Je n’aime plus le français et les maths me manquent, la musique me poursuit mais le dessin ne m’a pas recrutée, je pourchasse et taquine le sport au temps libre à mi-temps. Je n’invente plus d’histoires mais essaie d’en vivre, j’ai toujours et aurai toujours deux parents et un frère, qui ne savent pas plus que moi que je me tue à être heureuse et que j’ai bordé la grisaille. J’ose timidement questionner et ne fais qu’écouter, j’essaie de ne plus mentir (sauf aux flics) et de dompter ma stupidité, j’aime mes amis et ne me méfie plus que d’eux, j’ai remballé l’amour pour plus tard et j’ai désarmé ma gentillesse. J’ai délaissé les arbres pour des rideaux, et ma sensibilité pour les autres ! Je ris toujours et plus encore, je me tais, j’observe, je bafouille, je suis nulle quand je dis que je suis nulle, et douée d’étourderie et d’obsessions. Je n’arrive plus à me relire moi-même. Je ris, je rougis… et j’écris…..
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